Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de 5 mythes à propos des influenceurs.

Les derniers mois ont été particulièrement riches en propos plus ou moins constructifs au sujet des gens qui ont choisi la création de contenu sur le web comme métier.

Souvent rassemblés dans le groupe monolithe des influenceurs, ces blogueurs, youtubeurs, instagrameurs et autres créateurs de contenus web subissent reproches et roulements des yeux, principalement de la part des gens de la télé et de la radio, qui en font leurs choux gras.

Des articles de fond dans La Presse jusqu’à la table ronde aux Francs Tireurs en passant par les petits commentaires assassins dans la série Le Lift, tout le monde a sa façon d’exprimer son incompréhension face au phénomène des influenceurs.

Allons-y donc pour quelques précisions.

5 mythes à propos des influenceurs

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1. Être influenceur est un métier

Quand j’entends des jeunes exprimer qu’ils veulent faire le métier d’influenceurs dans la vie, je me dis qu’ils n’ont pas compris que l’influence est le résultat d’un travail. Si on essaye de vous vendre des programmes PDF ou des ateliers pour devenir influenceur, méfiez-vous.

Dès qu’un individu inspire la confiance et qu’on recherche son opinion, il devient un influenceur potentiel. Tout ça n’a rien de nouveau. Les créateurs du web sont simplement en train de se faire une place aux côtés des personnalités de la télé, du cinéma, des arts, du sport, etc.

Aussi, on devient influenceur parce que notre personnalité ou nos contenus sont populaires et que les gens s’intéressent à nous, et non parce qu’on inscrit «influenceur» dans notre bio Instagram. (Ne faites pas ça.)

2. Les influenceurs sont des putes

Oui, des putes. On utilise carrément ce terme pour se référer à des créateurs qui acceptent de collaborer avec des marques. C’est subtil, n’est-ce pas? Et si respectueux.

Harcelée par des gens irrités par la pub sur son fil (pour vrai, ils lui écrivent des DM pour lui annoncer qu’ils se désabonnent parce qu’elle a osé faire des pubs de gâteau), mon amie Josiane a ressenti le besoin d’expliquer un peu sa vie à ses détracteurs. C’est à lire.

À Tout le monde en parle il y a quelques semaines, on a demandé aux invités Marc Fitt, Elisabeth Rioux et Alicia Moffet s’ils avaient déjà parlé d’un produit contre rémunération sans l’avoir essayé. L’entrevue était tout de même bien, mais la question soulevait le fait qu’on doute toujours de la transparence et de l’authenticité des gens qui parlent de produits sur leurs plateformes et sur les médias sociaux.

Parfois, on fait des erreurs. Par exemple, cet influenceur de la forêt n’aurait pas dû accepter le contrat avec cette marque de café. On n’y croit pas.

mythes-sur-les-influenceurs-chevreuil-café

Mais non, pour la grande majorité, les influenceurs ne se prostituent pas au profit des annonceurs. Ils choisissent de s’associer avec certaines marques avec lesquelles ils ont des affinités pour créer des contenus autour des produits ou services. Souvent, ils refusent plus d’offres qu’ils n’en acceptent.

Ces contrats leur permettent de gagner leur vie et de créer davantage de contenu. Et quand c’est bien fait, c’est vraiment beau et authentique.

Campagne de Dezjeff pour Banque Nationale

Campagne de 2e peau pour McDonald’s Canada

Oui, il va toujours y avoir des gens qui ne savent pas doser contenu éditorial et publicité.

Oui, il existe des influenceurs sans scrupules qui font la promotion de marques louches de thé detox et de suppléments alimentaires.

Et certains créateurs ne se forcent pas beaucoup pour créer des contenus commandités de qualité, qui plairont esthétiquement à leurs abonnés.

Mais ces gens sont loin de former une majorité.

Vendre sa portée et sa créativité peut donner des contenus vraiment chouettes, utiles et qui font rayonner une marque tout en offrant un divertissement à une communauté web. Il n’y a rien de mal à ça.

Comme les animateurs de radio qui font des segments commandités, comme les producteurs qui acceptent des placements de produits dans leurs films et comme les magazines qui publient des articles sur l’importance de la protection solaire juste à côté d’une publicité de crème FPS 50, les influenceurs utilisent leur portée et leur créativité pour créer des sources de revenus.

Juste parce que le média est un individu plutôt qu’une compagnie, ça ne veut pas dire qu’il a vendu son âme à McCain, Perrier ou L’Oréal.

3. Ils sont tous riches

Ha, l’argent! Ça intrigue donc les gens.

via GIPHY

«Combien gagnes-tu?» est souvent la première question qu’on pose aux Youtubeurs quand on les invite à la radio ou à la télévision. J’ai même un ami youtubeur qui s’est fait désinviter d’un talk-show parce qu’il avait exprimé à la production qu’il n’était pas chaud à l’idée de parler encore une fois de son argent en entrevue.

La vérité, c’est qu’à part quelques exceptions, ça prend des années de travail pour se rendre à un niveau qui permet de bien gagner sa vie. Personnellement, j’ai travaillé sur ma chaîne YouTube pendant 2 ans et sur mes blogues pendant 9 ans avant de démissionner de mon poste chez Sid Lee pour faire de mes plateformes mon entreprise.

Je comprends la curiosité face à ce nouveau modèle d’affaires, mais ça serait un pas en avant de comprendre que de la même façon que tous les rappers ne sont pas Kendrick Lamar, tous les influenceurs ne sont pas des millionnaires.

Oui, les créateurs veulent gagner leur vie.

Mais comme vous, ils ont principalement l’ambition de vivre de leur travail et de leur passion. De créer des communautés qui rassemblent des gens aux intérêts similaires. De fonder leurs compagnies. De voir leurs projets grandir.

En même là, ça serait quoi le problème s’ils étaient riches? Ce sont des entrepreneurs. Ils travaillent fort. Allez-vous leur reprocher d’avoir du succès?

4. Ce qu’ils font est facile et futile

Avez-vous vu Thierry Ardisson qui recevait le youtubeur Squeezie (9,3 millions d’abonnés) sur son plateau télé il y a quelques semaines? La condescendance lui dégoulinait du visage alors qu’il s’adressait au créateur comme s’il n’était qu’un branleur.

Avec un aplomb spectaculaire, Squeezie a fait face à des questions comme «Vous avez titré votre livre Tourne la page par peur que vos fans ne sachent pas comment fonctionne un livre» et «Un livre pour vos fans c’est un tapis de souris non?»

Dans les faits, après des années à ramer tout seul, Squeezie est maintenant un entrepreneur avec un empire médiatique qui donne de l’emploi à une vingtaine de personnes.

Mais Ardisson était trop occupé à dénigrer les vidéos de gaming du youtubeur pour lui donner la chance de parler de tout ça. Pour lui, il est payé à ne rien faire.

C’est la même chose pour les créateurs qu’on surnomme «Insta babes», ces hommes et ces femmes qui ont su créer des comptes Instagram suivis par des centaines de milliers de personnes, voir même des millions, en créant des lignes éditoriales qui marient inspiration et un certain sex-appeal.

Beaucoup de gens regardent ce genre de photo et y vont d’un petit «ouais, moi aussi j’aimerais ça être payée juste pour montrer mes fesses!» Ils ne voient pas l’investissement en temps et en argent pour créer les calendriers de contenu, planifier les shoots photo, faire les retouches, écrire les textes, publier les images dans un créneau horaire optimal, faire les suivis des commentaires (et modérer les inévitables commentaires vulgaires ou haineux).

Ça prend beaucoup de planification, de stratégie et d’heures de travail pour créer ce genre de fil Instagram. Et ces créateurs ont aussi souvent des entreprises, comme Elisabeth Rioux et sa compagnie de maillots, Hoaka.

On s’entend que c’est un boulot agréable, stimulant, que beaucoup de gens aimeraient vivre au quotidien.

Mais si vous aimez le 9 à 5 et profiter de vos fins de semaine, croyez-moi : vous ne voulez pas la charge de travail que ces gens se mettent sur les épaules.

 

5. Leur succès sort de nulle part/personne ne les connaît

On présente souvent les Youtubeurs populaires en mentionnant leur nombre d’abonnés de façon étonnée, comme s’il s’agissait d’un club secret.

Juste parce que la clientèle d’un certain type de contenu a moins de 40 ans, ça ne veut pas dire que cette clientèle n’existe pas.

C’est davantage révélateur de l’intérêt que portent les médias traditionnels aux nouveaux créateurs, à qui ils donnent très peu de visibilité.

Au lieu de leur tourner le dos ou à les traiter en bête de cirque, j’invite les gens de la télé, de la radio et des magazines à s’intéresser aux communautés bâties par les influenceurs du web. À intégrer leurs pôles d’intérêts dans leurs contenus. À parler des youtubeurs, des blogueurs et des instagrameurs comme des pairs, en s’intéressant à ce qu’ils créent plutôt qu’à ce qu’ils glissent dans leurs comptes en banque.

Je vous assure que tout le monde en sortira gagnant.

Vous avez une opinion à partager sur le sujet? Commentez ci-dessous ou joignez-vous à la discussion sur Facebook!

 

 

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