Avant de lire ce billet, je vous donne ce conseil : faites une réservation tout de suite chez Nora Gray. Sans perdre une minute. Là, là. Parce qu’il faut s’y prendre d’avance pour attraper une table à ce nouveau restaurant qui fait jaser toute la ville. (Perso, j’avais réservé trois semaines avant). Et que vous allez vraiment avoir envie d’y aller après avoir lu ces quelques lignes.

Alors voici : je suis allé manger chez Nora Gray samedi dernier avec ma famille. Et j’y pense encore. Parce que derrière la petite façade tranquille de ce restaurant planqué de Griffintown se cache une vraie adresse vivante.

Depuis l’ouverture du Nora Gray en septembre, la chef Emma Cardarelli (Liverpool House) propose une cuisine authentique et aboutie, comme une étude sur les meilleures recettes de sa famille. On explore d’abord la carte, qui se divise en quatre parties : les antipasti, les primi (plats de pâtes aussi offerts en demi portions), les secondi (viande, poisson, volaille) et les dolce (desserts). Vous l’aurez deviné, nous sommes au coeur des saveurs de l’Italie.

Petit cocktail (dont j’ai oublié le nom) pour débuter, qui mariait bourbon, Campari et un autre truc. L’apéritif parfait. On adore les verres old school, qui nous rappellent que l’endroit est nommé en partie en hommage à la Nora du nom de l’établissement, la grand-mère de Cardarelli.

Côté déco, on a l’impression d’être dans un lieu secret qui mélange le sous-sol fini de ton oncle et un club privé. Les bouteilles s’enlignent derrière le bar comme des bijoux alors que Ryan Gray, propriétaire de l’établissement avec la chef et Lisa McConnell, sert les convives en souriant. (Il vient même remplir nos verre et se présenter à notre table, on aime!) En musique, on nous fait passer des succès rétro (Led Zeppelin, New Order) sans tomber dans le kitsch. Et je dois souligner que le volume est juste parfait; on peut parler entre nous sans forcer la voix.

Les antipasti arrivent! Papa opte pour la morue frite, légère et fondante sur sa sauce tomatée.

Pour belle-maman, un plat de fruits de mer (crevettes, moules) et de légumes.

Pour mon frère et moi, un plat de légumes farcis de chaire de saucisse. L’assaisonnement est parfait et les légumes cuits à points. La pluie de Parmesan qui décore l’assiette ajoute à notre bonheur.

 

Du côté des primi, on y va avec deux choix : les tortellini farcis de fromage ricotta de lait de chèvre (des petits oreillers de saveur) et les parppadelle bolognese, bien « viandeux » et parsemés de petits pois et de copeaux de fromage. Le look rustique des assiettes est appétissant et réconfortant.

 

On s’échange des bouchées et on n’arrive pas à déclarer de gagnant.

Pour accompagner le tout, la très blonde et très gentille serveuse nous suggère un vin de Sicile de la maison Occhipinti, le SP68. Une belle découverte! J’adore. C’est vraiment chouette de se faire servir par un personnel qui comprend tout de suite tes désirs quand tu décris le type de vin que tu souhaites boire.

 

Au secondi, on sort nos canines de carnivores pour s’attaquer à de très appétissantes pièces de résistance. Pour ces messieurs, poulet et frites de polenta. J’ai volé quelques bouchées, et le poulet était tendre et juteux, bien accompagné par des frites de polenta croustillantes au coeur tendre.

 

Pour Josée, c’est l’osso bucco. Une sérieuse pièce de viande servie avec l’os à moelle.

 

De mon côté, je suis la suggestion d’une amie et j’opte pour la côtelette de porc servie sur un lit de chou-fleur et garnie de suprêmes d’orange sanguine.

C’est saisonnier, si bon, et c’est clairement le genre de plat qui crée une dépendance. J’ai rongé jusqu’à l’os et je ne regrette rien. Rien de rien.

Petites douceurs pour terminer : sorbet à la cerise noire et crème glacée à la pistache pour Josée et tarte au citron Meyer pour moi. Les hommes ont fait les tough et ont passé le dessert.

La meringue à l’italienne, plus crémeuse et soyeuse qu’une meringue à l’américaine, compose une tartelette un peu riche, mais ça ne gâche rien au plaisir. Même sans dessert, ce repas aurait été mémorable.

Et puis, avez-vous réservé?

Nora Gray
1391, rue Saint-Jacques
Montréal (514) 419-6672
Réservation nécessaire
Environ 60$ par personne pour quatre plats, avant le vin, les taxes et le service