Si vous me suivez sur Twitter, vous savez que j’ai accepté de participer à l’émission de Lesley Chesterman, critique fine dining chez The Gazette que je respecte beaucoup, lors de son émission Dinner Rush sur les ondes de CJAD (800 am) ce samedi à 16h. (Poste 573 sur Galaxie si vous êtes un abonné Vidéotron.) Deux autres blogueurs seront aussi au rendez-vous, soit Clarah Germain et Food Guy Montreal. Sur Twitter, Lesley a relancé le débat cette semaine, provoquant les réactions habituelles. Au début, j’étais un peu contrariée par ce que je comprenais du propos, mais ses commentaires sur le billet de Kim ont remis en perspective mon opinion. Là, j’ai bien hâte à cette petite table ronde, où je crois que tous pourront apprendre les uns des autres.

Mais de quel débat est-ce que je parle? De celui des blogueurs bouffe et des conflits d’intérêt.

De temps en temps, sur Twitter, sur les sites de nouvelles et autres plateformes du web, on voit ce même argument ressortir à propos des blogueurs bouffe : ils sont facilement achetables. Malhonnêtes. Des vendus. Pourquoi? Parce qu’ils acceptent des produits, des invitations, des gratuités.

Je regarde ces propos passer, et je me mords l’intérieur des joues. Parce que si j’ai une opinion sur le sujet, elle est très personnelle et basée sur ma propre expérience. Comme vous le savez, j’ai une politique éditoriale assez claire où j’exprime que, si j’accepte de recevoir des produits pour les essayer de même que certaines invitations à des événements, ça ne garantit en aucun cas que je vais en parler, positivement ou pas. Je n’accepte pas non plus d’argent. Si je ne crois pas être directement visée par ce genre d’accusations, elles me dérangent tout de même. Parce qu’elles sont une généralisation de cas isolés.

C’est parfois les entreprises qu’on accuse d’utiliser les blogueurs. Et il est vrai que, pour un investissement qui coûte moins cher qu’une page de pub dans un journal (un repas, un produit, etc.), l’entreprise a de bonnes chances que le destinataire de cette gratuité en profite et en parle, créant de la visibilité pour sa marque – visibilité positive, car les blogueurs ne sont pas critiques, et ils partagent surtout des expériences positives. Mes propres expériences avec les restaurateurs et gens de RP ont toujours été honnêtes et agréables, mais je vais vous confier un truc : j’ai déjà quitté un événement en plein milieu parce que le propriétaire du restaurant où nous étions invités n’arrêtait pas de dire « Hé hé hé! Les blogueurs bouffe! D’la pub gratisss! Ho ho! » en se frottant les mains comme oncle Picsou. Alors l’argument a du vrai.

C’est souvent en observant les retombées sur la blogosphère que les vendus se distinguent de ceux qui aiment sincèrement parler de leurs découvertes. Un billet vite fait avec des photos de presse, un tweet, deux-trois images sur Instagram, et hop! C’est réglé pour eux, on passe au suivant! Pas mon genre. Pas intéressant à lire. Et sérieusement, ceux qui font JUSTE ça s’essoufflent habituellement assez vite.

Parce que pour bloguer, il faut aimer écrire, goûter, partager, avoir une opinion, être sensible à ce qui nous fait vraiment vibrer.

Je trouve ça sain qu’on nous tienne au garde-a-vous. Et j’ai hâte d’en débattre samedi.