Quand j’étais jeune, cette pub d’Hydro-Québec mettant en vedette une jeune Charlotte Laurier me faisait rêver au jour où j’aurais enfin mon appartement. Pour moi, cette ambiance feutrée, ce lecteur de disque compact, ce bain chaud et cet aquarium représentaient le comble de la sophistication. Et quelle joli peignoir à cerises!


La pub n’a pas très bien vieilli, mais elle me replonge dans mon adolescence, alors que j’épluchais le catalogue Ikea (dans le temps qu’il y en avait un à Québec) et les revues Architectural Digest de mon père en imaginant un appartement d’enfer dans la vieille capitale.

Si mon premier appartement n’avait rien du Ritz-Carlton, il était à moi, tout à moi. La cuisine était tellement petite qu’on ne pouvait y entrer quand la porte du four était ouverte. Le voisin avait tendance à écouter la même chanson sur repeat, à 2 heures du matin, en pleurant à travers nos murs de carton. Et les « carnavaleux » de février passaient non-stop sous ma fenêtre avec leur trompettes en folie.

Mais j’étais chez moi. Dans mon nid douillet.