Dans un quartier qui est en train de vivre une véritable gentrification (pour le meilleur et pour le pire) s’élève maintenant l’édifice 2-22, qui loge La Vitrine, CIBL, plusieurs organismes culturels et le nouveau restaurant St.Cyr. Je m’y suis rendue pour un cocktail dînatoire qui soulignait l’ouverture des lieux en mode Lili St-Cyr, célèbre effeuilleuse du Red Light ayant inspiré le nom de l’établissement.

À l’accueil, on nous invite à nous faire tirer le portrait avec des accessoires de l’époque de Lily. Je ne résiste pas à l’appel de ce petit chapeau rouge (que j’avais bien envie de glisser dans mon sac!)

Après un petit verre de vin, on entre dans ce nouveau restaurant au look plutôt moderne. Les tables ne sont bien sûr pas installées (avec quelques centaines d’invités, il fallait faire de la place), alors il est difficile de se faire une idée de l’ambiance. J’aime le côté épuré des luminaires, le béton des colonnes, la baie vitrée qui nous plonge dans l’urbanité et les comptoirs de pierre froide. Par contre, on est loin du côté burlesque et sensuel que pourrait inspirer l’égérie du resto. C’est beau, mais un peu comme si le nom de l’établissement était une arrière-pensée plutôt qu’une muse. Mais j’adore le côté compartimenté de l’endroit, avec son vaste bar, son coin lounge et ses plafond hauts dans la salle à manger principale.

En tout cas, dans les petites assiettes, il n’y a que du bon. La bouchée de foie gras au torchon, betterave et parcelles de meringue est inspirée, les crevettes popcorn et leur mayo épicée sont super jolies dans leur petit panier et le canard est réconfortant.

Qui est aux cuisines? Le chef Grégory Paul (Le Local, Hachoir), qu’on voit s’empresser aux tables de mise en place, arrosant une assiette de maquereau ici et garnissant un petit burger ailleurs. Originaire de Montpellier, il semble être un jeune homme passionné et fin prêt à insuffler une touche d’audace au menu français de l’établissement. Avec son air coquin, ça ne m’étonnerait guère qu’il finisse au petit écran comme d’autres chefs vedette d’ici.

Donc le St.Cyr, on y va ou pas? Comme je vous le dit souvent, impossible de le savoir avant d’y avoir savouré un vrai repas. La carte annonce de bonnes choses, avec comme plat vedette le foie gras poêlé en escalope servie à cru sur pancake aux pleurottes, des classiques (magret de canard, tartare de boeuf, poisson du jour), et une spécialité différente proposée à chaque jour (hâte d’essayer la blanquette de veau du mercredi). Côté prix, c’est variable, avec une table d’hôte du midi allant de 22$ à 27$ pour entrée, plat et dessert et un menu à la carte qui va dans tous les sens (27$ pour le pavée de cardeau meunière, 42$ pour le cerf de Boileau, 29$ pour la raviole de civet de canard au vin rouge, 36$ pour les grosses gambas grillées). Les intitulés sont appétissants et on ne se perd pas dans 18 pages d’options, ce qui assure une grande fraîcheur. On s’en reparle donc quand j’y aurai mangé. D’ici là, on souhaite un bon succès aux artisans de ce restaurant qui apporte vie et fraîcheur à ce bout de quartier.

Restaurant St.Cyr
22, rue Sainte-Catherine est
(514) 587-6222

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