Le soleil tombe sur la plage de galets de Brighton. Crevées par une journée à marcher de l’océan jusqu’au Duke of York, Isabelle et moi prenons un taxi pour retourner à Brighton Pier pour photographier le quai illuminé sur fond d’océan noir et pour manger un peu. Ne sachant pas trop ou aller, nous consultons notre volubile chauffeur qui nous suggère Jamie’s Italian, à deux pas du boardwalk. Et oui, Jamie Oliver a ses cuisines à Brighton. D’entrée de jeu, j’étais moyennement intéressée d’essayer ce que j’estimais n’être qu’un pion dans l’immense échiquier culinaire du populaire chef anglais (il y des dizaines de ces restaurant en Angleterre). Mais il faisait froid dehors et après avoir jeté un coup d’œil au menu réconfortant, on est attirées par les plats à l’italienne du menu. On entre.

Autour de nous, une déco travaillée pour construire un univers qui marie design, gastronomie et ambiance familiale à l’italienne. Un four à bois chauffe doucement sa flamme sur des côtelettes d’agneau; des charcuteries et des fromages s’empilent dans une armoire réfrigérée; et derrière une des longues séries de tables munies de chaises d’un rouge éclatant, une murale mariant des jambes qui rappellent celles du Duke of York et des espadrilles souligne que nous sommes dans une ville où la jeunesse continue de laisser sa marque.

Pour débuter, Isabelle opte pour la planche antipasto de légumes grillés accompagnés de quelques fromages.

De mon côté, je prends la fleur de courgette frite farcie de quatre fromages servie sur une sauce tomate parsemée d’olives épicées. C’est chaud, croustillant, coulant. Et tellement réconfortant que j’ai presque envie de porter la fleur comme un foulard.

En plat principal, je reçois une belle assiette de ravioli au ricotta di buffala, au citron et à la menthe. Pour accompagner le tout, la humble green salad de Jamie, de la verdure en deux tons arrosée d’une vinaigrette au babeurre et parsemée de piment et de menthe.

Disons que je suis heureuse que mon plat soit servi avec une cuillère, parce que la sauce est du genre à mériter de terminer ses jours dans mon estomac jusqu’à la dernière goutte! La salade est simple et fraîche, dans la palette de saveur typique à Oliver. Isa y va d’une assiette super élégante : un risotto à l’encre de seiche et au crabe.

Ce qui est agréable, c’est qu’on peut prendre son primi de pâtes en demi-portion, ce qui plaira aux petits appétits qui ne veulent prendre qu’une bouchée ou aux moyens qui souhaitent poursuivre le repas avec un plat de viande ou de poisson en secundo. De notre côté, nous sommes allés directement vers le dessert et le café, avec une réconfortante panna cotta vanillée garnie de pêches pour moi et un capuccino pour Isa. Depuis le temps que je regarde Jamie faire des panna cotta à la télé, il était temps que j’en goûte une à sa façon!

Oubliez que ce restaurant fait partie d’une chaine : Oliver a relevé le pari de proposer à ses clients une délicieuse cuisine familiale à l’italienne, fraîche et relativement abordable considérant la qualité des mets et des ingrédients. Pour deux entrées, deux plats (dont un en demi-portion), un dessert, un café et un thé, la note s’est élevée à 53 pounds avec le service (environ 75$). Les joues réchauffées par ces bonne saveurs qui nous font oublier le vent qui souffle dehors, on quitte le restaurant pour aller faire un dernier tour sur le quai de Brighton en regardant l’encre de l’océan s’étendre vers l’infini et en se lançant des défis idiots du genre « Pour 5 000 $, tu nages 20 mètres aller-retour dans le noir » (Non.)