Vous vous en doutez, je visite souvent les sites Web des différents projets immobiliers de la métropole. Ce que je remarque, c’est que les mêmes approches sont utilisées pour séduire, convaincre et au final mettre le grappin sur une clientèle désirable. La section « style de vie » est souvent une belle tentative de souligner les quelques avantages de quartiers en émergence où les projets visant une clientèle de jeunes premiers acheteurs sont souvent établis. Voici mes perles, ces éléments qui sont en train de devenir des clichés dans le genre. Les images ont toutes été tirées de sites actuels faisant la promotions de condos et de lofts en ville, dont je garderai l’identité cachée. Après tout, les promoteurs savent où j’habite. Et sont parfois patibulaires.

Le maraîcher sexy
Il est évident qu’un projet situé à deux pas d’un beau marché (Jean-Talon, Atwater, et même le petit marché Maisonneuve) devrait en parler sur son site. Or, c’est plus souvent d’une fruiterie de quartier ou d’un commerce « 3 packs de légumes mûrs pour 5 dollars » dont il s’agit vraiment sur les photos. Je me souviens avoir été prise de fous rires quand j’avais vu une telle photo sur le site d’un projet situé dans Hochelaga. L’image laissait croire à une véritable corne d’abondance ; en réalité, il s’agissait d’un établissement de la rue Ontario où, aux dires du patron, la coriandre est un ingrédient mystérieux venu de contrées lontaines.

Le projet « de prestige »
Condo de prestige. Qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Que les sanitaires sont en or ? Que vous aurez Luis de Cespedes comme voisin de palier ? Qu’un portier vous ouvrira chaque soir au retour du travail ? J’ai vu des projets à la facture de HLM minable s’attitrer ce qualificatif ronflant. Curieusement, c’est souvent les projets pour retraités et personnes âgées semi-autonomes qui se la pètent ainsi. On tente peut-être de les rassurer afin qu’ils vendent leur maison « de prestige » à Laval pour vivre leur retour en ville. Il faut davantage qu’une grosse horloge géante et des mansardes provinciales pour avoir de la classe.

Les fruits dans un bol
Bon au moins, celui-là est basé dans la réalité. Bien des gens ont un beau bol de fruits sur le comptoir. Mais curieusement, il s’agit presque toujours de limes ou de pommes vertes. Et mettez-vous un bol de fruits dans la salle de bain ? Moi non. J’ajouterais à cette catégorie le syndrome « bouteilles de San Pelegrino sur le comptoir » qui a surtout comme effet de me poser la question sur l’existence d’un garde-manger dans la cuisine.

La lampe de style Arco
J’adore cette lampe, même que j’avais l’intention d’en acheter une vintage pour mon loft. Mais je vous jure que je l’ai vu sur au moins 3 sites qui vendent des lofts. Sans compter qu’elle apparait parfois lors de certaines de mes visites. Résultat : j’ai comme une overdose. Damn.

La glorification de l’accès aux services
Regardez moi cette épicerie. Quel flair ! Quelle stature ! La contre-plongée et la lentille « fish eye » sont utilisées à outrance pour donner aux commerces du quartier une envergure titanesque. « Dans ce quartier, vous n’aurez jamais faim » semblent nous dire les promoteurs.