Comme c’était ma fête cette semaine, je me gâte en donnant exceptionnellement la parole à mon premier blogueur invité… Mon père! (Et oui, mon père était un hipster!)

1971-10

Architecte à la retraite ayant dévoué son talent au service d’urbanisme de la Ville de Québec sur des projets où l’acoustique avait souvent une priorité, comme le Palais Montcalm, il nous donne son avis sur la qualité acoustique des restaurants. À toi la parole, Alfred!

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Ma récente soirée plus que délicieuse au restaurant Mezcla, rue de Champlain à Montréal, m’a fait réfléchir pour une ixième fois sur la qualité acoustique des restaurants. Ma profession d’architecte y est surement pour quelque chose et également le fait d’avoir travaillé sur l’acoustique de salles de spectacles m’a rendu plus sensible au plaisir ou disons plutôt au non plaisir que j’éprouve à fréquenter certains restaurants.

J’ai souvent entendu dire que certains restaurateurs misent sur le fait qu’une acoustique très réverbérante c’est-à-dire « à la bistro français » où tous les matériaux de finition sont durs (gypse, béton, brique, céramique) permets une ambiance plus conviviale parce que plus bruyante, presqu’enivrante, le bon vin aidant… Les bistros français sont souvent ainsi parce que souvent anciens et qu’aucun matériaux acoustiques n’existaient à l’époque. Les gens se sont habitués à ce son très caractéristique où les clients parlent de plus en plus forts, plus fort que les voisins de table pour réussir à s’entendre parler.

En tant que baby boomer, je ne suis plus très jeune. L’autre soir, j’en ai perdu la voix à force de vouloir parler dans ce tumulte. Je ne veux pas en faire une histoire de génération, mais plutôt de santé publique : la qualité de nos oreilles et de nos voix est trop importante pour laisser ce type de son nous démolir. Les propriétaires de restaurant devraient s’associer à de bons architectes pour régler ce problème par ailleurs très facile à solutionner; la forme des espaces et surtout le choix de matériaux pertinents, et le tour est joué.

Et pour l’ambiance, votre clientèle vous le dira très positivement, j’en suis certain. Et vous aurez le plaisir de m’avoir à nouveau comme client.

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  • veronique

    Merci Ève de nous partager cet article et de nous en expliqué son contexte qui enrichit sa portée.
    Merci à vous Alfred (prénom de mon feu grand-père et que je trouve très joli) de nous éveiller à un phénomène qui nous atteint sans même que l’on en soit pleinement conscient. Merci également de nous en expliquer les origines.

    PS: Bravo Alfred pour avoir fait de votre fille une femme ‘dégourdie’.